AGROALIMENTAIRE, valoriser les savoir-faire

Automatisation des lignes, sécurité alimentaire, traçabilité, transition écologique, évolution des modes de consommation : l’industrie agroalimentaire transforme ses métiers tout en devant préserver des savoir-faire essentiels.

L’entretien de parcours professionnel permet d’accompagner ces évolutions et de relier les projets des salariés aux besoins futurs de l’entreprise.

Le nouveau cadre légal

Depuis la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, l’ancien entretien professionnel est devenu l’entretien de parcours professionnel.

Conformément à l’article L.6315-1 du Code du travail, chaque salarié doit :
• être informé lors de son embauche qu’un premier entretien sera organisé au cours de sa première année ;
• bénéficier ensuite d’un entretien tous les quatre ans ;
• bénéficier d’un état des lieux récapitulatif tous les huit ans.

L’entretien se déroule pendant le temps de travail et donne lieu à un document écrit, dont une copie est remise au salarié.
Il ne porte pas sur l’évaluation de son travail et doit rester distinct de l’entretien annuel consacré à l’activité et aux résultats.

Les sujets à aborder

L’entretien permet d’examiner :
• les compétences et qualifications mobilisées ;
• les transformations du métier et de l’entreprise ;
• les besoins de formation ;
• les possibilités d’évolution ou de mobilité ;
• les projets de reconversion ;
• le bilan de compétences et la VAE ;
• le CPF et ses abondements ;
• le conseil en évolution professionnelle.

Dans l’agroalimentaire, il peut notamment permettre d’anticiper l’automatisation des équipements, les nouvelles normes de qualité, la maintenance, la sécurité des aliments, la maîtrise énergétique ou l’évolution des métiers de production et de logistique.

L’état des lieux tous les huit ans

L’état des lieux récapitulatif permet de vérifier que le salarié a bénéficié des entretiens obligatoires et d’apprécier s’il a :
• suivi une action de formation ;
• obtenu des éléments de certification par la formation ou la VAE ;
• bénéficié d’une progression salariale ou professionnelle.

Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, l’absence des entretiens requis et d’au moins une formation non obligatoire peut entraîner un abondement correctif du CPF.

Les entretiens après une absence

Un entretien doit être proposé après certaines interruptions d’activité : congé de maternité ou d’adoption, congé parental, congé de proche aidant, congé sabbatique, mobilité volontaire sécurisée, temps partiel parental, arrêt de longue maladie ou mandat syndical.
Il est obligatoire lorsque le salarié n’a bénéficié d’aucun entretien au cours des douze mois précédant sa reprise. À sa demande, il peut être organisé avant son retour.

Mi-carrière et fin de carrière

Dans les deux mois suivant la visite médicale de mi-carrière, un entretien spécifique doit permettre d’aborder, sans transmission des données médicales :
• l’adaptation des missions ou du poste ;
• la prévention de l’usure professionnelle ;
• les besoins de formation ;
• la mobilité ou la reconversion.

Le premier entretien organisé au cours des deux années précédant le 60e anniversaire porte également sur le maintien dans l’emploi, le temps partiel, la retraite progressive et les autres aménagements de fin de carrière.
Ces échanges sont particulièrement importants dans un secteur marqué par le travail posté, les gestes répétitifs, la manutention, les contraintes thermiques et les horaires décalés.

Les particularités du secteur alimentaire

L’agroalimentaire ne relève pas d’une convention collective unique. Le secteur regroupe notamment les industries laitières, les industries charcutières, la boulangerie-pâtisserie industrielle, la transformation des volailles, les produits alimentaires élaborés, les boissons, les viandes et les industries alimentaires diverses.

L’accord multibranches du 19 septembre 2025 relatif à la formation professionnelle et à l’apprentissage, applicable depuis le 1er janvier 2026, couvre treize conventions collectives du secteur alimentaire.
Il prévoit notamment :
• la valorisation du tutorat et de la fonction de maître d’apprentissage ;
• la reconnaissance de ces missions comme de véritables compétences pendant l’entretien ;
• l’information du salarié sur le CEP, la VAE et le CPF ;
• la mobilisation des CQP de branche et des CQP transversaux du secteur alimentaire ;
• la possibilité pour le salarié de solliciter un entretien supplémentaire ;
• l’accompagnement des entreprises de moins de 50 salariés par OCAPIAT pour certains projets de certification.

Le secteur dispose notamment de 15 CQP transversaux, destinés à reconnaître les compétences communes à plusieurs activités alimentaires.

Accord multibranches du 19 septembre 2025
Certaines entreprises relevant de la convention des cinq branches des industries alimentaires diverses — IDCC 3109 — doivent également porter une attention particulière aux travailleurs handicapés : leurs besoins de formation doivent être réévalués chaque année dans le cadre de l’entretien.

Une transition conventionnelle déjà anticipée

L’accord du 19 septembre 2025 avait prévu que ses anciennes règles sur les entretiens cesseraient de s’appliquer dès l’entrée en vigueur du nouveau dispositif légal.
Les entreprises doivent néanmoins vérifier précisément :
• leur convention collective de rattachement ;
• l’inclusion de leur branche dans l’accord multibranches ;
• les éventuelles dispositions plus favorables applicables dans l’entreprise ;
• les échéances déjà ouvertes sous l’ancien régime.
Dans l’agroalimentaire, l’entretien de parcours professionnel ne sert donc pas seulement à accompagner les changements. Il permet aussi de préserver, transmettre et certifier des savoir-faire qui ne se conservent pas éternellement sous vide.

Principales références juridiques :
• Code du travail, article L.6315-1 ;
• loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 ;
• loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 ;
• Code du travail, articles L.6111-6, L.6321-2, L.6323-13 et L.4624-2-2 ;
• accord multibranches du 19 septembre 2025 relatif à la formation professionnelle et à l’apprentissage ;
• Convention collective nationale des cinq branches des industries alimentaires diverses, IDCC 3109.

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